Coaching et vie professionnelle
Êtes-vous un winner ? Comment les croyances nous poussent ou nous freinent
Sois fort, sois parfait, dépêche-toi : les 5 drivers de Taibi Kahler, des croyances limitantes nées dans l’enfance, et comment s’en défaire au quotidien.

Avez-vous des croyances sur vos capacités, vos talents et sur la vie en général ?
Je dirais oui, car nous en avons tous. Les croyances peuvent être positives et vous aider à aller de l’avant, jusqu’à « être un winner », ou bien négatives et vous limiter dans vos actions. Ces croyances limitantes arrivent parfois à nous empoisonner la vie, et même à paralyser nos actions. On les appelle également des « drivers », une notion introduite par Taibi Kahler, psychologue et analyste transactionnel américain.
Qu’est-ce qu’une croyance, et d’où cela vient-il ?
Quand un enfant est encouragé par ses parents avec amour et de manière constructive, il aura plus confiance en lui que lorsqu’il se fait recadrer en permanence. C’est donc dans notre enfance que nous devons chercher l’origine de nos croyances et de nos drivers. Les deux sont le résultat d’injonctions très souvent répétées et intégrées…
Les croyances limitantes les plus connues
1. Sois fort !
Message reçu : ne montre pas tes faiblesses ou tes émotions, sinon tu ne seras ni accepté ni aimé.
Les personnes avec ce type de driver sont souvent dans le déni des émotions et n’en montrent que rarement… Tout le monde a des forces et des faiblesses. On a le droit de montrer ses émotions et de ne pas toujours être fort. On ne vaut pas moins si on flanche de temps en temps, et on peut aimer quelqu’un avec ses forces ET ses faiblesses.
2. Sois parfait !
Message reçu : les parents me dictent un comportement et, si je ne fais pas exactement comme ils le souhaitent, je ne serai pas aimé.
Quand on a ce driver, on est perfectionniste et on ne peut pas être content avant d’être parfait… Personne n’est parfait. De temps en temps, on suit le comportement qu’on nous dicte ; de temps en temps, on a envie de faire le contraire. Et pourquoi pas ? C’est le libre arbitre, et ce n’est pas parce qu’on n’est pas parfait qu’on ne peut pas être aimé. Les êtres parfaits, c’est ennuyeux.
3. Fais des efforts, allez, essaie encore !
Message reçu : les parents me poussent à recommencer quand j’échoue.
Cela peut être très positif, mais quand ça devient un driver, on est dans l’excès et on devient un éternel essayeur. Pour atteindre un but, il faut visualiser celui-ci, ainsi que la manière d’y arriver. Quand vous essayez en permanence de nouvelles choses sans jamais aller jusqu’au bout, on peut imaginer que vous souffrez de cette croyance-là. C’est bien beau d’essayer, mais à un moment donné, il faut aller plus loin, sinon cela crée d’éternels insatisfaits.
4. Dépêche-toi !
Message reçu : je suis lent, et donc nul.
Pourtant, quasiment chaque enfant passe par des phases de « lenteur ». Qui n’a jamais mis ses parents en retard ? Tant que cela ne devient pas une habitude, tout va bien. Si vous avez besoin de plus de temps, ce n’est pas un drame. Prenez-le et, si une deadline vous presse, demandez de l’aide. Et si vous voyez le même comportement chez vos enfants, donnez-leur le temps qu’il faut, par exemple en mettant le réveil plus tôt le matin.
5. Fais-moi plaisir !
Message reçu : si je fais plaisir, je rends les gens heureux.
Du coup, quand quelqu’un de notre entourage est malheureux, nous nous sentons mal et coupables. On voudrait qu’il soit heureux et quand, après notre tentative de l’aider, c’est toujours la même tristesse, on se sent encore plus mal. Cependant, nous n’avons pas de pouvoir absolu là-dessus. On peut aider, mais le choix de se sentir bien, ou mal, dépend de chaque personne.
Comment se débarrasser de ses drivers ?
Les 5 drivers nommés ci-dessus sont les plus connus, mais vous en avez peut-être d’autres.
Une fois qu’on a bien compris ce qui nous bloque, de quel(s) driver(s) nous sommes victimes, on peut travailler dessus. Ce n’est pas toujours simple, je vous l’accorde, mais il suffit de voir les choses objectivement et de ne pas passer son temps à se juger. Les connaître est déjà un bon début.
Je vous conseille de noter vos drivers avec, pour chacun, une permission contraire. Dans un cahier, dans votre agenda ou sur un papier que vous collez sur le miroir de votre salle de bains. De cette manière, vous avez le pouvoir de vous « reprogrammer ». Par exemple : « Je sais que je veux être forte, mais j’ai le droit de ne pas l’être tout le temps. Je peux me sentir bien après un accès de faiblesse. C’est OK, j’en ai le droit. » Ou bien : « Je sais que je peux faire plaisir à ma mère en faisant telle ou telle chose. Mais là, je n’en ai pas envie, et si elle est de mauvaise humeur aujourd’hui, c’est son problème et pas le mien. »
Si vous êtes parent, veillez à votre langage en présence de vos enfants. Soyez positif et expliquez bien à votre enfant que vous l’aimerez toujours. Qu’il n’est pas son comportement. Que lorsqu’il se comporte mal, selon vous, cela ne remet pas en cause votre affection pour lui.
Vous serez d’accord avec moi : ceux qui se considèrent comme des « winners » ont plus confiance en eux. « Winner » ou pas, être positif et constructif est un plus dans la vie.
Et vous, de quel driver voulez-vous vous débarrasser ? C’est un travail que nous pouvons faire ensemble, en coaching professionnel comme en coaching de vie.
Pour aller plus loin
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